Organiser un trek au Ladakh n’est pas nécessairement une chose aisée. Avant de partir, on se pose plein de questions sur plein de sujets : combien je dois compter comme budget, est-ce que je dois prendre ma tente, pourrais trouver un resto qui ne me sert pas que du curry, comment sociabiliser avec les autres voyageurs, trouver du papier toilette, de quoi m’occuper ?

C’est pour répondre à toutes ces questions qu’on se pose toujours avant de partir, un peu en panique, que je vous ai fait ce petit chapitre. Tout est vrai et objectif, et, évidemment, vécu sur le terrain, après presque 2 mois d’exploration, de marche et d’oisiveté au Ladakh.


Carte de Leh



Organiser son trek au Ladakh avec une agence


Le centre névralgique du Ladakh se trouve à Leh, la capitale. Quand on arrive d’avion, c’est assez clair tout de suite : la ville semble surgir au milieu d’une lande dévastée. De fait, toute votre organisation se passera à Leh.

Il existe une myriade d’agences pour organiser votre trek au Ladakh, mais très peu d’agences internationales. Parmi celles-ci, je vous recommande les suivantes :

Agence francophone qui possède d’excellents guides (le mien s’appelait Stanzin), Skywalker héberge et organise les treks au Ladakh de l’agence de voyage Shanti Travel. Le personnel est très très sérieux et étudie dans le moindre détail chaque élément du trek (planning, équipement, trajet, points de contact,…) pour réaliser le trek parfait et sur mesure.

Se situe juste au dessus du restaurant Chopsticks (cf carte).

Parmi les agences les plus renommées de Leh, Wild East Adventure est une agence très sérieuse avec également d’excellents guides. Je n’ai pas voyagé directement avec eux, mais mes compagnons de route ont été particulièrement satisfaits. Agence anglophone uniquement.

Malgré un très beau site internet, je n’ai jamais eu ni retour par mail, ni rencontré d’enthousiasme entraînant lors de mes différentes visites sur site. L’agence sait ce qu’elle fait, mais elle ne m’a pas donné une bonne impression. Je ne recommande donc pas, mais peut être que vos retours seront différents. Honnêtement, les 2 agences ci-dessus sont déjà excellentes, alors pourquoi aller voir ailleurs.

Evitez quoi qu'il arrive les petites agences qui recherchent des gens pour compléter des treks ou des excursions. La plupart sont novices en la matière et seront incapable de gérer proprement un trek, voire même une simple excursion.


Organiser son trek au Ladakh : Permis


Au Ladakh, les frontières de l’Inde avec ses voisins sont encore disputées. Par conséquent, il y a des camps militaires un peu partout, et l’accès à certaines vallées frontalières est soumis à un permis. C’est le cas des lacs de Pangong et de Tso Moriri, de la Vallée de la Nubra et des villages de Dar et Hanu.

Ce permis est délivré par les autorités de Leh, et peut être obtenu dans n’importe quelle agence. Ce permis coûte 600 roupies (+100 roupies de commission d’agence).

Attention ! Une personne seule ne peut obtenir un permis. Il faut au moins 2 personnes pour que les autorités délivre un permis, même si les 2 personnes ne vont pas dans les mêmes régions (d'où l'intérêt de passer par une agence si on voyage en solo).

Le permis n’est délivré que pour une période de 7 jours.

Il est impossible d’avoir 2 permis en même temps, par contre il est quasi systématique qu’un permis soit délivré pour toutes les zones nécessitant un permis. Pensez à le faire préciser à l’agence car sinon il ne penseront pas à le faire.

L’office délivrant les permis ferme à 16h, et les agences n’accepteront plus d’aller demander un permis à partir de 15h. Il est donc nécessaire de s’y prendre un poil à l’avance, si vous planifier votre trek au Ladakh de manière indépendante.

Faire obligatoirement des photocopies ! Pour rejoindre Turtuk, au fond de la vallée de la Nubra, il faudra donner au moins 3 photocopies.

Moines bouddhistes, monastère de Diskit

Moines bouddhistes, monastère de Diskit


Organiser son trek au Ladakh : Homestay vs Bivouac


Dans les étendues arides du Ladakh et du Zanskar, il subsiste quelques villages perdus au creux de vallées fertiles. Et ces villages offrent aux voyageur la possibilité de dormir dans leurs habitations.

Peu de vallées sont habitées, et même dans ce cas, elles ne le sont qu’entre début juin et fin septembre. Au Ladakh, il n’y a que les villages du parc naturel d’Hemis qui offrent cette possibilité (vallée de la Markha, baby trek, Stof Kangri).

Dormir chez l’habitant est le moyen le plus authentique pour découvrir la vie et la culture ladakhi lors d’un trek au Ladakh. C’est également le moyen le plus économique (compter 900 Roupies / nuit, repas compris). Si l’on dîne avec la famille, selon leurs coutumes et leurs rituels quotidiens. Il faut aussi s’accommoder de leur notion de l’hygiène, et des contraintes locales (approvisionnement, absence d’eau courante, pas de sel).

Le confort est souvent spartiate, mais réconfortant après 8h de marche. La gastronomie se résume à une soupe et un dhal bat le soir, et le midi à une patate, un œuf, une barre sucrée et un jus de fruit.

lodge ladakh

Trtek au Ladakh – Chambre de lodge, Yurutse

Ailleurs, il existe quelques camps sur les routes du Changtang (Pangunagu), du Rupshu, du Zanskar, mais c’est à peu près tout. Il faudra alors compter sur le charme d’un convoi équestre et bien sûr, des nuits sous tente.

Alors certes c’est l’option la plus onéreuse (il faut compter environ 80€/ personne et par jour de trek), mais elle apporte un certain confort. Elle comprend a minima un guide, un cuisinier, un muletier et 4 à 5 chevaux pour porter tout l’équipement. Les repas sont donc copieux, variés, souvent trop gras, mais le cuisinier est capable de réaliser des miracles, même perdu au milieu de rien à 5000m d’altitude, comme des frites, des cakes ou du pop-corn.

Les agences ne proposeront une équipe qu'à partir de 2 personnes. Seul, il faudra partir avec son propre ravitaillement.

Installer son bivouac en pleine nature, les sommets à perte de vue et pas une habitation à l’horizon a quelque chose de grisant. Mais il faut prévoir de s’équiper en conséquence car le vent peut souffler en continu sur les hauts plateaux du Rupshu ou du Chantang, situé à plus de 5000m d’altitude. Il fera donc froid. Très froid…

Camp nomade de Rachung Karu (4850m)

Trek au Ladakh – Camp nomade de Rachung Karu (4850m)


Organiser son trek au Ladakh : Argent & organisation


L’Inde n’est pas un pays cher, et le Ladakh ne déroge pas à la règle. En clair, on vit comme un roi avec presque rien. Enfin en théorie, parce que pour vivre comme un roi, il faudrait du luxe.

Le Ladakh, terre bouddhiste et enclavée, ne permet pas de s’empiffrer de mets de choix ou de se vautrer grassement dans un jacuzzi. Ca n’existe pas. Les restaurants ne proposent des plats simples à des prix modiques, les hotels ont un confort spartiate, et les taxis sont de 3e main.

Pour un trek au Ladakh, il faut compter :

  • Pour la vallée de la Markha, 1000 roupies / jour d’hébergement + 20€ par jour pour un guide si vous en prenez un
  • Pour tous les autres treks, qui demandent organisation et personnel (cuisinier, guide, dresseur de chevaux et chevaux), entre 80 et 100€par personne et par jour. Le taxi peut représenter un point de dépense important car les points d’arrivées peuvent être très loin (1 jour de taxi).

Pour un trek au Ladakh avec un guide seul (qui ne sera pas un porteur), il faut compter environ 20€par jour.

Les hôtels (et seulement les hôtels, pas les Guest House) et les agences de treks réputées accepteront les paiements par carte. Partout ailleurs, il faudra monnayer en liquide.

Seules les grandes villes (Leh, Kargill, Srinagar) sont pourvus de distributeurs automatiques. Ailleurs, il n’y en a pas. Ce n’est pas non super grave, car la plupart des dépenses sont en ville.

Ils sont tous situés au cœur du centre ville, mais s’ils acceptent sans broncher VISA et MASTERCARD, la plupart sont hors service. Pour repérer ceux qui fonctionnent est assez simple : il suffit de faire la queue. A noter qu’il n’est possible de retirer que 10 000 Rs en une fois. Et à chaque retrait la plupart des banques françaises prennent une commission fixe, en plus de la commission du montant retiré.

Une option intéressante est d'aller directement dans les petits bureaux de change que l'on trouve un peut partout. Ils ne paient pas de mine, mais en changeant quelques centaines d'euros, on peut obtenir partout un taux plutôt très bon (+0,5RS/€), et sans commission, évidemment.

Penser à se vérifier le jour même sur un site comme XE avant de changer de l’argent car le taux change tous les jours.


Que faire à Leh ?


Outre organiser votre trek, il y a plein de chose à faire à Leh, et on peut manger dans de super resto. Du coup, je vous ai fait une page rien que pour ça ici : Leh – Terre de Treks

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Leh – Hébergement


Il est très facile de se loger à Leh, même sans avoir réserver à l’avance, et pour tous les prix. Il faut distinguer la catégorie hôtel (avec service et salle de bain privative) des guest houses, dont la salle de bain est généralement commune, mais bon marché.

Dans le haut du panier, l’Hotel Grand Dragon sur la Old Leh road, est le seul disposant d’un standing occidental, équivalent à un 4****. C’est également le seul hôtel de Leh à plus de 100€ la nuit. Pour les gros budgets.

En dessous, on trouve quelques hôtels très corrects dont les prix oscillent entre 3000 et 4000 NR (40-55€), propres, rafraîchis et accueillants. L’Alpine Villa et le Lotus Hotel sont des options intéressantes pour vous reposer après le trek.

La catégorie inférieure des hôtels offrent un bon compromis entre prix et confort. Ils se situent entre 1500 et 2500 NR (20-30€). A ce prix, ils garantissent un restaurant, du PQ, de l’eau chaude 24h/24h, un générateur et le Wifi gratuit. Je m’étais installé au Padma Hotel. Le Diskit Villa est un très bon choix dans la même catégorie.

Enfin, Leh offre au voyageur au budget limité un choix quasi infini de Guest House bon marché. Les plus précaires se négocient autour de 200 NR la nuit (3€), et les plus luxueuses vers 1200 NR (15€). Plus on s’éloigne du centre ville, plus le prix descend. Les plus populaires se dressent sur Changspa road et Upper Tukcha road.

A noter que tous les prix sont négociables.

 


Leh – Restos et Cafés


Pour s’adapter à une clientèle parfaitement hétéroclite, les restaurants de Leh se sont diversifiés pour proposer des plats de différents pays. On trouvera donc des plats indiens, tibétains népalais, mais aussi israëliens, chinois, coréen et quelques pizzerias. On trouve également des German Bakery, qui proposent des gâteaux et « viennoiseries » d’inspiration allemande.

Bon il ne faut pas s’attendre à de la grande cuisine, mais j’ai rarement été malade (oui, rarement ne veut pas dire jamais), et il existe quelques surprenants restaurants à ne surtout pas rater.

  • Bon Appetit. Le meilleur restaurant de Leh, dépassant de loin la concurrence. Attention, il y a 2 Bon Appetit. Celui que vous recherchez se trouve quelque part entre la Upper Tushka road et la Changspa Road. Il y a un petit panneau indiquant la direction dans Upper Tushka Road. La cuisine, surprenante, revisite les spécialités locales. Des momos au chocolats, par exemple. Un poil plus cher qu’ailleurs, mais pas non plus excessif. Si vous y allez le soir, munissez-vous d’une lampe de poche, car le chemin n’est pas du tout éclairé.
  • Tibetan Kitchen. Petite table très franco-représentée, avec des plats tout à fait corrects et vraiment pas cher. On est pas du tout dans la catégorie de Bon Appetit, mais pour 500 Rs le repas, le rapport qualité / prix est excellent.
  • Il Forno. La meilleure pizzeria de Leh, qui fait cuire ses pizzas dans un vrai four en brique (sur un toit, bon), et dont les pizzas ressemblent à de vraies pizzas, et pas à des chapatis. Au 3e étage du batîment. Magnifique vue sur le Palace. Le soir, il mettent la musique parfois un peu fort.
  • Chopsticks. Le meilleur restaurant de noodle de Leh, et de loin. Très bonne cuisine, très fraîche. Les momos sont excellents également. Essayer les Hakka Noodles :
Organiser un trek au ladakh, chopsticks

Hakka noodles du Chosticks

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Les momos du ChopsticksCafés

Il existe également quelques cafés, dont malheureusement trop peu servent réellement un café (héritage anglais oblige, les ladakhis prennent leur café au lait et sucré). Quelques uns jouent même la carte du homemade et servent des boissons locales (jus d’abricot ou d’argousier). J’ai passé beaucoup d’après midi au OpenHand café, qui, même s’il est un peu plus cher que la moyenne, propose vraiment de bons plats bios et d’excellents cafés.

  • Open Hand Cafe. Bar au concept double : apporter une aide aux populations locales en vendant de l’artisanat, et apporter au client des produits frais et de qualité. Le café est excellent, de même que les plats et les salades, lavées au permanganate. Il réalisent de très bons gâteaux également, au jour le jour. Très bien fréquenté, Wi-Fi gratuit. Idéal pour flâner l’après-midi.
  • Dolphin Bakery. Petit café qui sert de très bons gâteaux dans un cadre agréable. Mieux que les autres cafés du même genre, et un poil moins cher.
  • Gravit’in. Mi bar, mi salle de grimpe. Pour 100 Rs, vous pouvez grimper dans une pièce équipée de prise d’escalade. Ambiance très fumette, mais bon esprit. Les horaires d’ouverture sont toutefois anarchiques (11h? 13h?). Juste en face de Skywalker.

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