Le Systeme 3 Couches

Met ton chandail, sinon tu vas attraper froid ». Stop ! Le conseil de grand-maman n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, en randonnée ou en trek, pour ne pas attraper froid, on s’équipe de vêtements fins et techniques. C’est le concept d’empilement des couches de vêtements, ou « système 3 couches« , qui permet d’être habillé à bonne température en toute circonstances.

Parce qu’en randonnée et en trek, les conditions climatiques évoluent très rapidement, et l’alternance fréquente d’une phase d’effort et de repos demande d’adapter sa tenue au fur et à mesure de la journée.

Maîtriser ce concept est donc indispensable pour être toujours dans des conditions de chaleur et de confort optimales en randonnée ou en trek.

Petit aparté, si vous pratiquez des activités sportives en hiver, le ski par exemple, cette manière de s’habiller est également très valable et l’équipement dans lequel vous allez investir peut s’utiliser également pour cette activité. De manière générale, je vous conseillerais de choisir toujours un vêtement le plus polyvalent possible, afin de limiter les coûts, qui peuvent être élevé.

Système 3 couches classique : T-shirt en merino, polaire, veste imperméable
terre de treks

Qu'est ce que le système 3 couches

Le principe est simple :

  1. La première couche de vêtements doit évacuer la transpiration et conserver la chaleur du corps
  2. La seconde couche de vêtements doit apporter chaleur et confort
  3. La troisième couche de vêtements doit protéger des éléments extérieurs, froid, vent ou / et pluie

Evidemment, cette configuration en 3 couches de vêtements va évoluer en fonction du type de trek et de l’altitude. L’objectif est alors de trouver des tenues types.

Pour gagner en efficacité, ces vêtements doivent se porter près du corps. On vous conseille donc de choisir des matières stretch, et des vêtements proches de la peau, 

Sur un trek à très grande amplitude d’altitude, comme par exemple le Tour des Annapurnas (800 – 5420m), on passe de températures tropicales (30/35°C) à des froids intenses (-5/-10°C).

Voici les différentes configurations du système 3 couches à adopter en trek.

terre de treks

Comment utiliser le système 3 couches ?

En moyenne montagne (treks des Alpes, Corse, Islande, Patagonie...)

La première couche de vêtement est celle qui est en contact avec la peau.

L’objectif est de bien se sentir bien dedans. En trek, on peut passer plusieurs jours sans se laver, ou même sans changer cette première couche. Elle doit donc également ne pas générer ni conserver de mauvaise odeurs, faire évacuer la transpiration corporelle, ne pas générer d’humidité et sécher rapidement.

D’emblée, il faut définitivement bannir  de votre sac à dos les vêtements en coton. Ils retiennent les mauvaises odeurs, mettent du temps à sécher, colle à la peau, et accentuent la transpiration.

Pire, le t-shirt en polyster à bas prix (type décathlon) gardera également les mauvaises odeurs. En matière plastique, ces t-shirt sont très rarement recyclés et contribuent à polluer massivement notre Planète.

La matière idéale pour le trek est la laine merinos.

Contrairement au coton ou au polyester, elle rassemble tous les qualités : antibactérien naturel, elle ne garde pas les odeurs, elle est très légère et sèche très rapidement.

Un T-shirt manche courte en merinos pèse entre 100 et 110g, idéal donc pour un trek itinérant, même en hiver.

A noter que ce type de vêtements qui se porte à même la peau peut très bien convenir à une journée de ski ou de sport en montagne (randonnée en raquettes, ski de randonnée,…).

Pour gagner en chaleur, un T-shirt  en laine merinos à manche longue est une excellente option. Privilégiez ceux s’ouvrant au col, pour plus de polyvalence.

Les T-shirt Terredetreks que nous portons régulièrement sont des basiques de la marque Icebreaker, que nous avons floqué en France. Ils sont produits à l’unité, et sur demande. Si cela vous intéresse de les acquérir, vous pouvez nous contacter, ou laisser un commentaire. Dans notre sac, nous portons :

La seconde couche isole du froid

Traditionnellement, en trek, on utilise une polaire technique.

L’objectif est d’optimiser le rapport poids / chaleur. Cela ne sert à rien de prendre une grosse polaire si elle pèse 500g.

Il y a 4 grands types de polaires, alternatives à la polaire classique : 

  • Les Micropolaires : peu isolantes mais légères, ce type de polaire est plutôt destiné à la phase d’effort intense et très dynamique (trail, randonnée)
  • Les polaires « High-loft » : épaisses, plus lourde aussi, elles apporte un rapport poids / chaleur plus intéressant que les polaires classiques. Plutôt réservé à des treks himalayens pour des nuits en haute altitude en phase statique (fin de journée), ou des treks en hiver. Très douce, on a envie de la caresser. On peut les utiliser aussi pour le ski.
  • Polaires en « Powerstretch®«  : Conseillé en phase d’effort (et également en randonnée), car le tissu Powerstrech ajoute une capacité « Windstopper » qui coupe un peu du vent. Pas l’équivalent d’une veste « Softshell« , mais tout de même efficace. C’est le seul type de polaire qui possède cette fonction. Enfin le textile « stretch » va épouser la forme du corps et ainsi augmenter la capacité de rétention de chaleur.
  • Des polaires en laine merinos : Ortovox conçoit des polaire en laine merinos, à la fois chaudes et confortable.

Encore une fois, il est contre-productif de s’équiper de couches de vêtements trop épais ! Il est toujours moins pire d’avoir un peu peu froid plutôt qu’un petit peu trop chaud. La transpiration va produire de l’humidité, et l’humidité qui ne sèche pas immédiatement va congeler votre dos.

Quel que soit le trek, nous ne nous séparons jamais de notre polaire Mammut Aconcagua. C’est la même veste qui nous accompagne depuis plus de 7 ans, et qui est toujours en parfait état. Elle est présente sur toutes nos reportages, du Népal à la Patagonie. Le modèle est réédité chaque année, mais vraiment on ne peut que vous le recommander à 200%
 

La troisième couche protège des intempéries

La troisième couche, ou « Hardshell » est celle que l’on ne porte pas tout le temps, mais dont dépend la réussite du trek.

Cette couche protège du froid, du vent et de la pluie. Une grosse veste de ski protège efficacement de ces trois éléments, mais si vous marchez avec vous allez transpirer et générer de l’humidité. 

Là encore, la recherche de la légèreté est primordiale mais le budget peut vide exploser pour gagner quelques grammes.

Pour protéger du froid, une doudoune légère, en duvet « Ultra Light Down®« , en anglais). On en trouve aujourd’hui partout, pour tous les prix et pour tous les styles. Uniqlo propose des doudounes bon marché et efficace, mais qui ne durera pas plus d’une saison avec.

La différence de prix va se jouer sur 3 éléments :

  • Le pouvoir gonflant, ou densité du duvet noté en cuin : inférieur à 600 cuin, il sera gros et peu efficace. Un duvet de très bonne qualité atteint 800 cuin. A titre de comparaison les rembourrages synthétiques ne dépassent pas 400 cuin.
  • L’accessorisation là encore : poche, capuche, elasthane sous les bars pour plus de liberté de mouvement
  • Le traitement de surface : certaines microdoudounes haut de gamme (La Ghost Whisperer 2 de Mountain Hardwear, la Cerium LT de Arcteryx,…) possèdent un revêtement hydrophobe qui remplace (presque) un imperméable. 2 couches en 1 donc.
Attention à ne pas faire l’erreur de prendre une doudoune trop épaisse. Même pour atteindre le camp de base de l’Everest, à 5460m, une doudoune légère suffit. Les manteaux plus épais sont destinés à des expéditions sommitales (trekking peak) ou pour le Mont Blanc.
 
De 2012 à 2018, je portais une Essens Mimic de chez Häglof, que j’ai remplacé par la Trevail de The North Face. Cette fois, avec une capuche, et c’est nettement mieux !

Pour la protection contre la pluie, on utilise une veste technique imperméable et idéalement respirante.

Beaucoup de marques ont développés leur propre textile (H2No chez Patagonia, Primaloft,…) mais sans jamais toutefois jamais égaler la qualité des membranes Gore-Tex®.

Il est facile de confondre imperméabilité et déperlant. Souvent, on à l’impression qu’une veste qui déperle va être imperméable, alors que cet effet déperlant est simplement du à un enduit que le fabricant ajoute sur le vêtement.

Sauf que cet enduit, que l’on appelle des perfluoré, ou PFC est extrêmement toxique pour l’environnement lorsqu’il se dégrade. Décathlon utilise très largement ces PFC et c’est pour cette raison que nous ne présentons pas de produits imperméables Décathlon car ils ne répondent pas à nos valeurs.

Aujourd’hui, la plupart des grandes marques utilisent un enduit 100% naturel, à base de cire, que l’on peut reconnaître avec l’acronyme DWR pour (Durable Water Repelant). Une mention DWR sur un article vous garanti que le produit n’utilise pas d’enduit nocif pour l’environnement, et est donc à privilégier.

L’imperméabilité d’un tissu se mesure en Schmerber (mm) et la respirabilité en RET.

Les vestes imperméables et respirantes auront une imperméablité > 20 000 mm et un RET > 6.

La veste idéale de trek est un compromis entre le gain de poids et la résistance du matériau. Pour le Gore-Tex®, préférez les gammes Paclite, très léger mais peu résistantes, et la gamme Pro plus résistante mais plus lourd.

Ma première veste imperméable était une une Eider en Gore Tex Active Shell. Je suis passé sur l’Exposure de Moutain Hardwear. Mois de 300g pour moins de 300€.

Angélique reste fidèle à Fjällraven, la marque technique suédoise, et je dois dire que je suis un peu jaloux car elle est vraiment d’une qualité incroyable.

4.9/5
4.6/5
4.9/5
4.8/5
4.9/5
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Pour compléter ce système 3 couches et la protection du vent, le plus efficace est une Veste technique dite « Softshell« . Moins rigide qu’un Gore-Tex, plus confortable et moins « plastique », les Vestes Softshell sont idéales pour une sortie matinale, un trail ou une randonnée. Elles protègent d’une petite bruine, mais seront inefficaces sous une pluie battante.

Alors à quoi sert un Softshell ni elle ne protège ni du froid ni de la pluie ?

Eh bien à avoir la classe. Une veste Softshell, c’est le style. Le look d’un vrai alpiniste.

De fait, pour un trek, je ne conseillerai pas ce genre de veste. Ce n’est pas franchement indispensable, et cela rajoute un poids dans le sac qui n’est pas nécessaire.

terre de treks

Système 3 couches pour la Haute Montagne

Trek > 3500m d'altitude (Himalaya, Pérou, Bolivie, sommets)

Au delà de 3500m, avec des températures proche de zéro et l’absence de source de chaleur, la sensation de froid sera vite obsessionnelle.

La protection du froid va devenir une nécessité. il devient alors indispensable de s’équiper avec des vêtements chauds et près du corps.

La première couche devient alors une couche thermique. En synthétique ou mixte, elle sera adaptée à un effort (activité de journée). En 100% mérino, elle sera adaptée à une phase de repos statique (typiquement le soir).

Le grammage d’un vêtement thermique en trek se situe entre 160 et 200 g/m². Au delà, le tissu sera trop épais, et vous aurez très vite trop chaud. Trop chaud, on transpire, la transpiration se transforme en humidité et l’humidité en glace. 

Evidemment, il faut penser à s’équiper également d’un pantalon thermique.

En seconde couche, préférez des polaires épaisses, type High Loft ou Powerstrech®.

Enfin la doudoune complètera l’équipement.

Pour atteindre un Trekking Peak, au delà de 5800m, les températures  descendent en dessous de -15°C et un équipement spécial sera nécessaire. Sinon les doudounes légères seront suffisantes. Une surcouche Gore-Tex complètera le sac.

Système  3 couches Haute Montagne: 1e couche Haut Thermique Icebreaker 100% Merino, 2e couche Polaire Powerstretch Mammut, 3e couche Doudoune Ultra Light Down Uniqlo, 4e couche Veste Gore-Tex Eider
terre de treks

Système 3 couches pour les treks méditerrannéens ou tropicaux

Trek au Cap Vert, à la Réunion...

Lorsqu’on réalise un trek ou une randonnée de bord de mer, ou sur des températures supérieures à 20-30°, la laine merinos ne sera pas idéale.

Aujourd’hui, il existe des alternatives intéressante : matière technique en Lyocell ou Tencel (fibre de bois 100% biodégradable et éthiquement sourcé), polyester recyclé ou made in France (Hopaal ou NOSC). De vrais choix écoresponsables aux t-shirt Décathlon à bas prix fabriqués très très loin de nos frontières.

J’utilise depuis plusieurs années maintenant le T-shirt en Lyocell de chez Häglof, un basique simple, technique et indémodable.

Angélique est plus sur l’élégance, avec un polo Super Natural.

Nos autres guides équipement

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On vous souhaite un excellent voyage et une excellente préparation,

Affectueusement,

Angélique et Raphaël

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