Voilà. Au terme de 4 jours d’effort, et quelques marches, à travers la forêt de la sierra, l’enfer rocheux des moraines du Salkantay et la luxuriance étouffante de la jungle amazonienne, à braver l’altitude, la soif, la chaleur, la grêle et les insectes, nous arrivons à la légendaire Cité Perdue du Macchu Pichu.

Alors bon oui, il y a plus simple pour rejoindre le Macchu Pichu que le trek du Salkantay : on peut prendre le train, puis le bus pour monter. Mais c’est gâcher l’aura d’un tel lieu, non ? Si.
En 4 jours de trek et presque 30h de marche, à la manière des explorateurs d’autant, on a le sentiment d’aller chercher le Macchu, on nourrit cet objectif pas après pas, col après col, vallée après vallée, on avale les 2000+m de dénivelé, la tente et les 20kg sur le dos, presque avec le sourire, un gros sourire de masochiste (oh oui j’ai mal). On affronte la l’hostile nature avec plaisir, car au bout il y a le site le plus emblématique de la Terre qui t’attend. Et pourtant, elle est salement hostile la nature. Les moustiques t’arrachent des lambeaux de peaux à chaque piqûre, à se demander si ce sont bien des moustiques, le soleil te brûle l’échine, la pluie te trempe jusqu’aux os malgré le Gore-Tex, et la faim, oh tu vas avoir faim explorateur…

Nevado Salkantay

Le Nevado Salkantay (6271m)

Col du Salkantay

Col du Salkantay (4630m)

Descente vers Challway, Salkantay trek

Descente vers Challway (2e étape)

Les 2 premiers jours sont longs. Le deuxième surtout. Le premier, c’est 8h d’ascension. 8h sous le cagnard à souffrir. Si on est chanceux, on aperçoit le Nevado Salkantay, et ses 6270m. Blanc. Et loin. Le second jour est pire. Pire car il faudra continuer à grimper, dans la caillasse cette fois, par étape, jusqu’au 4630m du col, avant de redescendre à Challway, presque 3000m plus bas. Encore un effort avant de rejoindre Santa Teresa et profiter d’un vrai repas.

Dernier jour. Plus que 4h, à longer la voie ferrée et manquer de se faire écraser par le train. Nous arrivons à Agua Calientes, pardon « Macchu Pichu Pueblo« , c’est plus vendeur. Oui, la ville s’est rebaptisée, plus ou moins officiellement. Une ville sans aucune légitimité, construite à partir de rien, fatras de tôle et de parpaings, dont la seule raison d’exister est de fournir une étape pour MP. Et pour cela, elle se justifie de prix exorbitants et d’un service minimal. Pire, la ville est coupée en deux, balafrée par la voie ferrée (encore elle !), sur laquelle les trains circulent de 4h du matin (!) à 22h.

Le long de la voie ferrée

Le long de la voie ferrée

 trains qui relient Ollantaytambo et Hidroelectricas

Un des fameux trains qui relient Ollantaytambo et Hidroelectricas par Agua Calientes

Bienvenu à Macchu Pichu Pueblo

Bienvenu à Macchu Pichu Pueblo

hiking trail, macchu pichu

Plus que 1756 marches…

Courte nuit, sans doute l’excitation. Non bien sûr, ce sont les ronronnements des locomotives Diesel qui restent stationnées devant l’hôtel (étonnamment pas cher, maintenant je sais pourquoi) pendant des heures. Au petit matin, pas moyen que je fasse la queue pour monter dans les navettes. Sandwich en poche, fidèle à mon leitmotiv de l’effort, j’attaque les 1756 marches qui me sépare encore du Macchu. Je ne les monte pas, je les avale, je double les paresseux, j’ignore les petites vendeuses, la soif, et mon coeur qui bat à 200 bpm. 27’32 » (tiens prend ça Killian) plus tard, je suis devant l’entrée du Macchu Pichu qui est … dans la brume ! C’est comme ça que tu me remercies de tous mes efforts ! Ah je sacrifierai de belles et jeunes vierges pour apaiser les dieux s’il le faut mais nuage va t’en de mon site !

Prière exaucée. Les lambeaux de brume se dissipent avec une brise légère, ajoutant un côté mystique à la ville abandonnée. Le site est immense, des centaines de maisons, des temples, bains, terrasses, entrepôts, tombeaux, et au centre un cadran solaire et astronomique et des tas de choses dont on se sait absolument pas à quoi elles servent. Car les Incas étaient un peuple mystérieux, mais aussi particulièrement intelligent, et doués en astronomie, géologie, agronomie et en maçonnerie. En atteste ces murs construits en bloc de granite agencés au millimètre. Autour, la jungle et des falaises vertigineuse, surplombant le Rio Urubamba.

Le Macchu Pichu, depuis le mirador

Le Macchu Pichu, depuis le mirador

Les terrasses aux lama, macchu pichu

Les terrasses aux lamas (garde manger)

Je suis comblé.

Le Macchu Pichu mérite l’aura qu’on lui prête. C’est un lieu unique au monde, absolument fabuleux, empli de mysticisme, construit sur un éperon rocheux au milieu de la jungle. Peu importe quelle voie est utilisée pour l’atteindre, se poser sur le mirador et découvrir le Macchu Pichu dans sa globalité et dans son environnement est une expérience incroyable, vertigineuse et unique.

Quelques adresses

Où manger : Fuyez la horde de resto à touriste qui fournissent tous les mêmes plats insipides et potentiellement dangereux pour vos intestins. Il y a quelques excellentes adresses. Un peu cher, nous sommes à Macchu Pichu Pueblo.

Où dormir :

  • Franchement, je n’ai pas de bonnes adresses d’hôtel propre, calme et abordable à vous fournir. Nous avons passé 2 nuits catastrophiques. Les trains arrivent jusqu’à minuit, et partent à 4h, alors faites tout pour vous éloigner de la gare… située en plein centre ville.

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