Cet article est un journal de notre road-trip en van en Patagonie, sur la Carretera austral, puis sur la ruta 40.

Toutes les infos pour un voyage en Patagonie se trouve ici : 9 conseils essentiels pour un voyage en Patagonie – Terre de Treks.

Seconde partie du Road-trip sur la Ruta 40 ici : Terre de Treks – Partie 2, la Ruta 40


Mardi 7 décembre. Puerto Montt – point de départ de la Carretera austral
Le ciel est gris. Une petite bruine fraîche arrose les pâturages et de sombres forêts. C’est la fin du printemps. Les maisons en bois de style chilote et les inscriptions en espagnol sont presque les seuls éléments qui nous permettent de dire que nous ne sommes pas en Normandie.

Nous sommes en Patagonie chilienne, terre vierge de colons il y a un siècle.

Demain, nous partirons vers le Sud, parcourir les 1300 km de la Carretera austral, jusqu’à son point le plus méridional, où les glaciers se jettent dans la mer. Puis nous traverserons les Andes pour rejoindre l’Argentine et la mythique Ruta 40. Ce sera encore 1500 km vers le Sud pour rejoindre Punta Arenas et la pointe du continent, avant de terminer notre route à Ushuaïa, au bout du monde.

Et cette aventure, nous avons choisi de la faire en van.


Jour 1 : Puerto Varas – Puelo
Camp : rive du lac Tagua Tagua
Distance : 174 km, dont 60 km de piste


Entre les fjords à l’eau cristalline et les volcans enneigés, dont l’emblématique volcan Osorno, la route, encore majoritairement asphaltée, traverse des fôrets primitives aux essences séculaires et de vertes prairies occupées par quelques brebis. Les villages en bois de Puelo et de Cochamo rappellent l’influence architecturale de l’île de Chiloe toute proche. Déjà, les paysages scéniques sont à couper le souffle. Nous ne sommes pas encore sur la Carretera Austral, mais on ressent déjà un sentiment de « bout du monde ».

Nous établissons le premier camp sur la rive du lac Tagua Tagua, en pleine nature, épris par un élan de liberté.

volcan Osorno, saltos del Petrohue

Le volcan Osorno, depuis les Saltos del Petrohue, turquoise

Carretera austral, volcan Yates

Carretera austral. En fond, le volcan Yates à la cime enneigée

lac tagua tagua

Le lac Tagua Tagua d’un bleu incroyable, près de Puelo


Jour 2 : Puelo – Chaiten, par le ferry d’Hornopiren
Camp : Lago Blanco
Distance : 159 km, dont 110 km de piste


Au dessus des volcans aux cimes enneigés, le ciel semble d’un bleu plus profond, plus pur. Nous atteignons Hornopiren où nous embarquons pour 4h30 de ferry. Un gros ferry.

De l’autre côté, tandis que nous traversons le Parque Pumalin, la piste remplace l’asphalte. Des lacs sombres et miroitants aux rivages fangeux se devinent au travers de la forêt humide. En fond sonore, pas un bruit, mais une mélodie naturelle, de tonalités d’oiseaux, d’insectes, de batraciens et de quelques mammifères non identifiés.

Le village de Chaitén, coupé en deux par les coulées pyroclastiques consécutives à l’éruption du volcan Chaitén en 2008, garde encore les stigmates d’une renaissance fragile.

Nous posons le van en pleine nature, près du Lago Blanco (qui n’est pas blanc du tout), dans une végétation inquiétante tant elle est riche. L’atmosphère est claire, mais on ne sait pas si on se trouve en pleine forêt ou en bord de mer. On croise quelques villages loin de tout, qui n’ont l’air de vivre que du tourisme naissant et de la pêche à la truite.

Carretera austral, Chaiten

Carretera austral. Un peu d’asphalte, près de Chaiten

ferry Hornopiren

Le ferry d’Hornopiren

carretera austral, foret

Le campement, en pleine forêt

Laguna Blanca

Laguna Blanca


Jour 3 : Chaiten – Puyuhuapi
Camp : Parc Queulat
Distance : 210 km dont 40 km de piste


Nous arrivons au Parc Queulat. Il pleut. Il pleut ici 4000 mm de pluie par an, soit 4 fois plus qu’à Paris, autant dire tout le temps. Je n’ai jamais rien vu de pareil. La forêt est tellement luxuriante que l’on se croirait au cœur de la jungle, mais en froid. Les végétaux poussent en symbiose, la mousse recouvre tout, les lianes sont aussi large que les arbres, les fougères sont hautes de 3 mètres. L’odeur d’humus et le bruits des oiseaux emplit les sens. Impossible de sortir du sentier, la forêt sempervirente est tellement dense qu’elle en est parfaitement impénétrable. Les ruisseaux qui la traverse, gorgés de la pluie abondante et des glaciers tout proches, sont de véritables torrents enragés.

Thermes de Ventisquero. Au pied du fjord, de petits bassins en pierre délivrent une eau à 40°C. Le temps d’une pause salvatrice.

Into the Wild

On a retrouvé le bus d’Into the Wild!

Parque Queulat, carretera austral

Parque Queulat

Ventisquero del Colgante, Parque Queulat

Ventisquero del Colgante, Parque Queulat


Jour 4 : Puyuhuapi – Coyhaique
Camp : Camp Alborada, Coyhaique
Distance : 198 km dont 59 km de piste


La forêt luxuriante a fait place à des prairies, bordées par des bosquets de ñire et de coigue, arbres endémiques de Patagonie. Partout sont étendus d’énormes troncs d’arbre moisissant, tristes, comme si tous ces arbres coupés n’avaient d’un coup intéressés plus personne, et avaient été laissés là.

La route file vers le Sud, le paysage s’ouvrant sur de larges vallées verdoyantes. La Patagonie telle qu’on l’imagine, la vue s’échappant dans l’immensité, des cours d’eau cristallins jusqu’aux pics enneigés.

A Villa Mañihuales, petit village cerné par des falaises majestueuses, de petits groupes de cavaliers se rapprochent d’une arène cerclée de bois. Une arène de rodéo. A l’intérieur, les cavaliers s’affrontent dans un duel de maîtrise de capture de veau, par la voix et la direction de leur monture. Ancestral, le rodéo patagonien est un spectacle saisissant d’authenticité, où les chevaux sont aussi beaux que leurs cavaliers en tenue traditionnelle.

Nous arrivons enfin à Coyhaique, la plus grande ville de la Carretera Austral, et hub majeur la région d’Aysen. Plus rien à voir avec les petits villages que nous avons traversés. Et pourtant, malgré le free wifi sur la place principale, l’atmosphère de bout du monde subsiste.

Carretera Austral Villa Amengual

Carretera Austral, vers Villa Amengual et le parc Lago Las Torres

Carretera austral Coyhaique

Carretera austral, en arrivant sur Coyhaique

Rodéo, Villa Mañihuales

Cavalier de rodéo, Villa Mañihuales

Arène de rodéo, Villa Mañihuales

Arène de rodéo, Villa Mañihuales


Jour 5 : Coyhaique – Villa Cerro Castillo
Camp : Nature, Villa Cerro Castillo
Distance : 98 km


Nous quittons Coyhaique sous la pluie, pour continuer toujours vers le Sud. Les pics sombres et acérés dominent la vallée du Cerro Castillo. On se croirait en pleine montagne, loin des vaux et de la civilisation moderne. Le village de Villa Cerro Castillo, tout en bois, dégage une atmosphère de village-refuge. Magique.

Nous installons le van dans un champs de lupins, aux pieds du Cerro Castillo, qui reste désespérément caché sous les nuages.

Carretera austral, vers Coyhaique

Carretera austral, vers Coyhaique

Vallée du Cerro Castillo

Vallée du Cerro Castillo

Champs de lupin sauvage

Champs de lupin sauvage


Jour 6 : Villa Cerro Castillo – Puerto Rio Tranquillo & Valle Exploradores
Camp : camping Pudu
Distance : 227 km de piste


Fin de la route asphaltée. A partir de maintenant, ce ne sera plus que de la piste. Les aubépines en fleurs ont remplacé les champs de lupin. Le Lago General Carrera, plus grand lac du Chili, est d’un bleu turquoise hypnotique.

Nous empruntons un détour d’environ 100 km pour atteindre le mirador du glacier Exploradores, le glacier le plus septentrional du Campo de Hielo Norte, qui s’étend au pied du Monte San Valentin, plus haut sommet de Patagonie, Au bout de la route, de petites embarcations emmènent les voyageurs au pied du glacier San Rafael, qui se jette dans la mer.

Rio Ibanez, Vallée du Cerro Castillo

Rio Ibanez, Vallée du Cerro Castillo

Lago General Carrera

Lago General Carrera

Lago General Carrera

Lago General Carrera

carretera austral

Route X-728, vers le glacier Exploradores


Jour 7 : Puerto Rio Tranquillo – Cochrane
Camp : nature, passerelle de Los Nadis
Distance : 114 km de piste


Sur les rives du lac, accessible par de petites barques depuis Puerto Rio Tranquillo, les Capillas et Catedrals de Marmol, des cavernes de marbre, qui se reflètent dans l’eau turquoise du lac. Sublime et envoûtant.

On suit les gorges du Rio Baker le fleuve le plus puissant de Patagonie, rêve de Rafting. Le Rio est du même turquoise profond que le lac, puis prend une teinte bleu pâle. La steppe a remplacé la forêt, dans des paysages toujours aussi impressionnants.

On arrive à Cochrane, le dernier hub de Patagonie chilienne, avant de continuer notre route vers le Sud, et de poser le van une nouvelle fois en pleine nature.

Capillas de Marmol

Capillas de Marmol

Capillas de Marmol

Capillas de Marmol

Gaucho devant le Rio Baker

Gaucho devant le Rio Baker

Carretera Austral, Rio Baker

Carretera Austral, le long du Rio Baker


Jour 8 : Cochrane – Tortel
Camp :
nature, rive du Rio Baker
Distance : 124 km de piste


En progressant vers l’ouest, une forêt de cyprès remplace la steppe. Les paysages sont devenus montagneux, rocheux, fraids, presque difficile. Un vent glacé et suffisamment fort pour arracher la portière souffle presque en continu. Les arbres sont attaqués par un parasite qui leur donne un aspect fantomatiques, voire ectoplasmique.

Au bout de la route, Caleta Tortel. Un village comme aucun autre. Il n’y a pas de route à Tortel, pas plus que de chemins. Tout le village est sur pilotis, et l’on rejoint les différentes maisons par des passerelles en bois. Village construit par les indiens Alcalufes, dont la présence est encore très forte, les colons ne sont arrivés jusqu’ici qu’en 1955, et la route qu’en 1995. Hier.

Caleta Tortel

Caleta Tortel

Caleta Tortel, ponton

Caleta Tortel, ponton

Carretera austral rio cochrane

Campement, sur une rive du Rio Cochrane


Jour 9 : Tortel – Valle Chacabuco (Parque Patagonia)
Distance : 177 km de piste
Camp : Parque Patagonia


Nous remontons jusqu’à Cochrane, puis bifurquons à l’Est vers Valle Chacabuco, pour tenter de rejoindre l’Argentine au point de passage le plus méridional. Valle Chacabuco n’est pas un village, mais un parc naturel en devenir. Magnat des affaires américain, fondateur de The North Face, Patagonia et Esprit, D. Tompkins a réinvesti dans les grands espaces naturels de Patagonie afin de garantir leurs protection. La région est brute, une lande balayée par les vents et une pluie battante, et le territoire des animaux sauvages : guanacos, renards gris, rapaces, et l’emblématique huémul, symbole de la Patagonie.

Au bout de la piste, un poste frontière totalement isolé, Paso Roballos. Demain, nous serons en Argentine, pour la suite de l’aventure…

carretera austral tortel

Petite maison chilote, près de Tortel

Carretera Austral, vers Puerto Yungay

Carretera Austral, vers Puerto Yungay

carretera austral Piste X-83, vers Valle Chacabuco

Piste X-83, vers Valle Chacabuco

carretera austral parque patagonia

Piste X-83, un peu plus loin dans le Parc

carretera austral parque patagonia

Piste X-83 Parque Patagonia, près de la frontière argentine

Tous les articles sur le Chili : Terre de Treks – Chili

Lien sur le Parc Patagonia : www.parquepatagonia.org

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2 thoughts on “La Patagonie en van – Partie 1, la Carretera Austral

  1. Treboux il y a 9 mois

    Bonjour combien de temps êtes vous parti ?

    1. Raphael K. il y a 9 mois

      Bonjour,
      Sur la route, ou au total sur toute l’Amérique du Sud ?
      en van, 16 jours, de Puerto Varas à Punta Arenas.
      En Amérique du Sud, 4 mois et demi, à travers le Pérou, la Bolivie, le Chili, l’Argentine, l’Equateur et un petit détour par l’Ile de Paques.