Seconde partie de notre road-trip en Patagonie, maintenant côté argentin,sur la Ruta 40. La première partie de l’article, sur la Carretera Austral, est ici :

La Patagonie en van – Partie 1, la Carretera Austral – Terre de Treks

 Toutes les infos pour un voyage en Patagonie se trouve ici : 9 conseils essentiels pour un voyage en Patagonie – Terre de Treks.


Jour 10 : Parque Patagonia – Goberdanor Gregores
Distance : 390 km dont 170 km de piste.
Camp : camping municipal, Gobernador Gregores


Paso Roballos. Battue par les vents, une cahute isolée sert de refuge à un garde frontière enjoué et débonnaire. Après 24h de pluies diluviennes, le ciel semble enfin se découvrir, laissant les volutes de brumes accrochées aux cimes des montagnes andines. La végétation devient plus rase, le sol plus sec.

De l’autre côté de la frontière, une piste, large et sinueuse. Pas âme qui vive. Des falaises colorées bordent la route, et au loin un grand lac turquoise, le Lago Cochrane.

La piste cahoteuse semble n’en plus finir. Le van, d’apparence fragile, avale les kilomètres avec une lenteur effarante.

Enfin l’asphalte. La Ruta 40, la route mythique qui traverse l’argentine du nord au sud le long de la cordillère. On jette un dernier coup d’œil derrière nous, les montagnes sont toujours sous les nuages. Devant, un ciel bleu limpide et un horizon sans fin.

Et le vent. Des rafales tellement puissantes qu’elle arracherait la portière soufflent sur une steppe désertique. Le contraste avec la Patagonie chilienne est saisissant. Et pourtant, c’est bien l’image classique que l’on se fait de la Patagonie.

El Chalten nous semble inaccessible pour ce soir. Sur la route, une petite ville, Goberdanor Gregores. Pas même mentionnée dans les guides. Une ville de western, perdue au milieu de rien. Et sur l’avenue centrale balayée par les vents, une station essence et un minuscule camping. L’essentiel.

Patagonie, Paso Roballos

La Patagonie argentine, un peu après Paso Roballos

Patagonie, ruta 40

La ruta 40. Enfin de l’asphalte


Jour 11 : Gobernador Gregores – El Chalten
Distance : 292 km dont 70 km de piste
Camp : Camping El Relincho, El Chalten


La ruta 40 a beau être mythique elle n’en est pas moins, sur cette portion, désespérément monotone. Aucune végétation, aucun relief, aucun nuage ne vient perturber la naturelle discipline de la région. A part quelques groupes de guacanos peinant à franchir les grillages des estancias, et plus rarement un tatou velu, terrorisé par le vrombissement du van.

La route bifurque vers El Chalten. Au loin, des pics acérés dessinent un horizon déchiqueté, mais partiellement caché par de gros nuages sombres et menaçant : la chaîne du Fitz Roy.

Et puis, El Chalten, déconcertant. Entre les auberges de jeunesses, laveries, mini market et cafés, des touristes déambulent en doudounes fluos, fournissant à El Chalten une fausse impression de station de ski à l’occidentale, sans piste toutefois. Tous, nous y compris, partagent le même objectif : atteindre les lacs d’altitude du Fitz Roy, dont le sommet est réservé à l’élite de la grimpe.

tatou velu, ruta 40

Un tatou velu

Fitz Roy

La chaîne du Fitz Roy. Sous les nuages, le Fitz


Jour 12 : El Chalten
Distance : 0 km
Camp : El Relincho, El Chalten


Il pleut en continue. Aucune visibilité. On reste à l’abri en espérant que demain le temps s’améliore.


Jour 13 : El Chalten – El Calafate
Distance : 212 km
Camp : Camping Lago Roca


Aucune amélioration. On ne peut pas rester plus longtemps. On quitte El Chalten forcément déçu. Mais avec une raison supplémentaire pour revenir en Patagonie. On tourne dos aux montagnes avec en tête le point de chute suivant, El Calafate et la glacier Perito Moreno.

La ruta 40 a totalement été refaite sur cette partie. Il nous faut peu de temps pour rejoindre El Calafate.

Le seul point commun qu’El Calafate partage avec El Chalten, c’est l’abondance de doudounes. L’atmosphère « australe » commence véritablement ici. Sans doute que les bars de glace, les photos du glacier qui ornent les agences et les petits restos et cafés en bois influent notre inconscient. Toujours est-il que la balade à El Calafate, a défaut d’être jolie, est néanmoins agréable.

On continue notre route pour rejoindre la rive méridionale du Lago Roca par la route 15, situé dans le Parque Nacional Los Glaciares, afin d’atteindre les quelques sites de camping en pleine nature.

Lago Roca, Ruta 40

Le Lago Roca


Jour 14 : Glacier Perito Moreno
Distance : 140 km dont 60 km de piste
Camp : nature, Lago Roca


Bien que posé dans un endroit occupé par l’homme, un camping, quelques heures nous ont suffit pour prendre conscience que nous étions des intrus. Lièvres, putois, renards, caracara et autres oiseaux évoluent ici sans inquiétude, dans un environnement qui leur appartient.

Nous rejoignons la route principale en direction du glacier, non sans verser une substantielle rétribution au Parque Nacional Los Glaciares au passage (22€ par tête).

Au loin déjà, le glacier Perito Moreno apparaît immense et fantastique. De près, c’est un mur de glace de plus de 50m qui nous fait face, surgissant au travers de la forêt. Un glacier énorme, d’une pureté infinie, dont les traces bleutées témoignent de son histoire.

 Perito Moreno, Los Glaciares

Le Glacier Perito Moreno au point de rupture

Perito Moreno, point de rupture, Los Glaciares

Le point de rupture

Et un glacier qui vit. Il ne se passe pas cinq minutes sans qu’un bloc de glace ne se détache dans un grondement sourd et plonge dans le lac gelé, se brisant en mille petits icebergs. Sur la passerelle, le glacier semble tellement proche qu’on a envie de toucher cette glace qui nous fascine.

Au mirador, la contemplation de l’immense glacier qui se perd au loin dans les étendues glacées du Campo de Hielo, donne le vertige.

Nous rejoignons le Lago Roca, cette fois-ci en lieu vierge d’aménagement.

Perito Moreno, Hielo Sur

Le Glacier Perito Moreno. Au loin le Campo de Hielo Sur

Perito Moreno, Los Glaciares, depuis la passerelle

Depuis la passerelle

Camp du Lago Roca, Los Glaciares

Camp du Lago Roca


Jour 15 : El Calafate – Puerto Natales
Distance : 271 km dont 100 km de piste
Camp : Camping Josmar, Puerto Natales


Nous reprenons notre route vers le Sud, en direction de Puerto Natales, sur la Ruta 40.

Ruta 40 qui, une fois de plus, n’est pas asphaltée partout (c’est ça l’aventure !), et nous fait prendre un « raccourci » de terre et de gravillons.

Nouveau passage de frontière au Paso Dorotea pour rejoindre le Chili, qui nous a amputé d’une tomate et d’un citron (damned, ils l’ont trouvé), puis direction Puerto Natales par la Ruta 9, la Ruta « del fin del mundo », décidément.

Le passage au Chili marque un retour à un environnement verdoyant et arboré. La route longe la mer d’un bleu limpide.

Puerto Natales est un petit village de petites maisons colorées, faites de bois et de tôles. Point de départ du Torres Del Paine, la petite bourgade est évidemment bondée de voyageurs de tout horizon. Point de grandes artères ou de hauts buildings délabrés ici, les rues possèdent toutes le même charme austral, ornées de l’emblème local, le milodon.

Le retour à la civilisation nous confronte à la difficulté de trouver un endroit où poser le van. Après quelques recherches, nous atterrissons dans le site camping d’une auberge de jeunesse.

Puerto Natales, centre ville

Puerto Natales, près du centre ville

Puerto Natales

Puerto Natales


Jour 16 : Puerto Natales – Punta Arenas
Distance : 248 km


Dernière ligne droite vers la fin du continent américain pour atteindre Punta Arenas.

On rend les clés du van, l’air heureux mais triste, heureux de cette fabuleuse aventure sur les routes australes, triste parce que cette séparation marque la fin de cette aventure.

Ces 16 jours auront été absolument magiques, tant sur la beauté des paysages traversés que sur l’atmosphère unique des villages australs et de leurs habitants.

 …

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