« Met ton chandail, sinon tu vas attraper froid ». Stop ! Le conseil de grand-maman n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, si tu ne veux pas attraper froid, tu mets des vêtements fins et techniques. Et tu en mets plusieurs. C’est le concept d’empilement des couches de vêtement, ou « layering », qui protège du froid et des éléments, et permet d’être habillé à bonne température en toute circonstances. Parce qu’en montagne, les conditions climatiques évoluent très rapidement, et l’alternance fréquente des phases d’activités intenses et de repos demande d’adapter sa tenue au fur et à mesure de la journée.

Maîtriser le concept de layering est donc indispensable pour être toujours dans des conditions de chaleur et de confort optimales. Mais qu’est ce que le layering ?

Le principe est simple :

  • La première couche doit évacuer la transpiration et conserver la chaleur du corps
  • La seconde couche doit apporter chaleur et confort
  • La troisième couche doit vous protéger des éléments extérieurs, froid, vent ou / et pluie

Evidemment, cette configuration en 3 couches va évoluer en fonction du type de trek et de l’altitude. L’objectif est alors de trouver des tenues types. Sur les treks à très grande amplitude d’altitude, comme par exemple le Tour des Annapurnas (800 – 5420m), on passe de températures tropicales (30/35°C) à des froids intenses (-5/-10°C). Il convient donc de suivre les 4 configurations suivantes :


Layering pour les treks de basse altitude (< 2500m), tropicaux ou méditerranéens


Exemples : premiers jours de treks (Annapurnas, GR20), La Réunion,…

Typiquement, le premier jour de trek, on porte des vêtements propres, confortables, et généralement adaptés à la température du point de départ, c’est à dire nécessairement élevée. Les températures tournent  autour de 30-35°C toute la journée. Il n’y a alors besoin que d’une seule couche, un T-shirt.

D’emblée, il faut bannir le T-shirt en coton. Définitivement. Il retient les mauvaises odeurs, mais du temps à sécher, colle à la peau, et accentue la transpiration.

Privilégiez alors les T-shirts dit « techniques », en polyester, ceux que l’on utilise pour la course, où à bas prix en chez Décathlon. Ne les utilisez vraiment que pour cela, car s’ils ont l’avantage de sécher très vite, ils n’apportent pas vraiment de confort, et gardent les mauvaises odeurs.

Layering millet

T-shirt Millet To Explore, tissu Coolmax®100% Polyester, 115 g/m²


Layering pour les treks tempérés ou de moyenne montagne (1500m – 3500m)


 Exemples : Annapurnas, treks andins, GR alpins, premier jour du trek du Camp de base de l’Everest…

En contact avec la peau, la première couche de vêtement est celle avec laquelle on doit se sentir bien dedans. En trek, on peut passer plusieurs jours sans se laver, ou même sans changer cette première couche. Elle doit donc également ne pas générer ni conserver de mauvaise odeurs, faire évacuer la transpiration corporelle et sécher rapidement.

Plus chaud, plus léger et plus confortable que les t-shirt en polyester, le T-shirt en laine merino convient parfaitement en première couche technique.

L’intérêt majeur de ce type de t-shirt tient dans la propriété de la laine merino à ne pas garder les odeurs de transpiration, même après avoir porté ce t-shirt plusieurs jours.

Plus léger encore que le T-shirt technique, le T-shirt manche courte en merino pèse entre 100 et 110g,

Pour les frileux, le T-shirt manche longue en laine merino est une excellente option. Privilégiez ceux s’ouvrant au col, pour plus de polyvalence.

La seconde couche, ou « softshell » a pour fonction d’isoler du froid sans retenir la transpiration. Classiquement, en trek, on utilise une polaire. Mais attention, toutes les polaires ne se valent pas. Il y a 3 grands types de polaires, en plus de la polaire classique : des micropolaires, des polaires dites « Highloft » et des polaires en Powerstretch®, avec chacune ses spécificités :

  • Micropolaires : peu isolante mais toutefois légère, ce type de polaire est destinée aux activités intenses (trail)
  • Polaires « High-loft » : Plus épaisse, plus lourde aussi, elles apporte un rapport poids / chaleur plus intéressant que les polaires classiques. A conseiller en phase statique (fin de journée) en raison de son fort apport calorifique. Toute douce, on a envie de la caresser.
  • Polaires en « Powerstretch® » (type Mammut Aconcagua): Conseillé pour toutes les activités dynamiques, car le tissu Powerstrech ajoute une capacité « Windstopper » qui coupe un peu du vent. Pas l’équivalent d’une veste « Softshell« , mais tout de même efficace. C’est le seul type de polaire qui possède cette fonction. Enfin le textile « stretch » va épouser la forme du corps et ainsi augmenter la capacité de rétention de chaleur.

La troisième couche, ou « hardshell » est celle que l’on ne porte pas tout le temps, mais dont dépend la réussite du trek. Cette couche protège du froid, du vent et de la pluie. Ce serait si simple si la même couche pouvait protéger du froid, du vent et de la pluie, ou l’un de ces 3 éléments à la fois,  mais ce n’est pas le cas. Il va falloir, là encore, composer.

  • Pour protéger du froid, le soir par exemple, on utilise une doudoune légère, en duvet (« Ultra Light Down®« , en anglais). On en trouve aujourd’hui partout, pour tous les prix et pour tous les styles. Les doudounes de chez Uniqlo par exemple, sont très bon marché, de bon pouvoir gonflant, mais n’espérez pas faire plus d’une saison avec. La différence de prix va se jouer sur 3 éléments uniquement :
    • Le pouvoir gonflant, ou densité du duvet noté en cuin : inférieur à 600 cuin, il ne protégera pas du froid. Un duvet de très bonne qualité atteint 800 cuin. A titre de comparaison les rembourrages synthétiques ne dépassent pas 400 cuin.
    • L’accessorisation là encore : poche, capuche, elasthane sous les bars pour plus de liberté de mouvement
    • Le traitement de surface : certaines microdoudounes haut de gamme (La Ghost Whisperer Mountain Hardwear, la Cerium LT de chez Arcteryx,…) possèdent un revêtement hydrophobe qui remplace (presque) un imperméable. 2 couches en 1 donc;
  • Pour protéger du vent, on utilise une Veste dite « Softshell« . Moins rigide qu’une veste Gore Tex, plus confortable et moins « plastique »,  les vestes Softshell protègent du vent sans toutefois protéger de la pluie. Au delà de 2500m, le vent frais du matin ou du soir peut saboter une journée. Même chose au passage d’un col, souvent en plein vent. De part son prix élevé, l’achat d’une veste softshell n’est toutefois conseillé que si vous avez déjà tout le reste de l’équipement;
  • Pour protéger de la pluie, on utilise un vêtement imperméable et respirant, composé idéalement d’une membrane Gore-Tex®. Il existe plusieurs type de membranes Gore-Tex® (Active Shell, Pro Shell), dédiées à des utilisations spécifiques. L’imperméabilité d’un tissu se mesure en Schmerber (mm) et la respirabilité en RET. Un vêtement imperméable et respirant aura une imperméablité > 20 000 mm et un RET < 6. Le site  Gore-tex.fr détaille les différents produits. Pour le trek, utilisez un vêtement en Gore-Tex® Active Shell, très léger, les vêtements de la gamme Pro Shell seront plus résistants mais plus lourd, et adapté à l’alpinisme et aux expéditions.
Layering

Layering 2 Couches (T-shirt 100% merino Icebreaker, 112g, Polaire Mammut Aconcagua en Powerstrech, 330g) et 3 couches (Veste Eider Target Aero en Gore Tex Active Shell, 335g)

Layering 3 couches

1e couche débardeur Icebreaker 100% Merino, 2e couche Polaire Powerstretch Mammut, 3e couche Veste Gore-Tex Eider


Layering pour les treks de Haute Montagne (3500m – 5500m)


Exemples : Treks du Camp de Base de l’Everest, cols andins, Ladakh

Au delà de 3500m, le froid sera permament ou quasi-permanent. Se protéger du froid va devenir une obsession, une angoisse, une psychose. Un froid glacial et incisif, qui, malgré les couches, érodera petit à petit votre moral. Pour résister au froid, il est indispensable de s’équiper de vêtements près du corps, au grammage élevé.

 

La première couche doit être une couche thermique. En synthétique, elle sera adaptée à une activité dynamique (activité de journée). En mérino, elle sera adaptée à une activité statique (typiquement le soir). Pour les treks à cette altitude, le grammage conseillé se situer entre 180 et 200 g/m². Au delà, le tissu sera trop épais, et vous aurez très vite trop chaud. Plus fin, le tissu n’apportera pas l’apport calorifique voulu.

Evidemment, il faut penser à s’équiper également d’un bas thermique.

 

La seconde couche doit être une polaire, épaisse (High Loft) ou en Powerstrech®.

La Doudoune est l’élément qui va compléter l’équipement. Une doudoune légère, fine, suffit pour cette altitude, car la nuit, lorsque le froid s’installera vraiment, vous devriez être tranquillement dans votre duvet, dont il sera très difficile de sortir.

Une surcouche Gore-Tex peut s’avérer utile en cas de mauvais temps.

Layering 2 couches

Layering 3 couches (haut thermique Helly Hansen Warm (50% merino – 50% synthétique, 223g, polaire Mammut et doudoune ultralégère Haglöf, 249g), et avec le Gore Tex en 4e couche

Layering 3 couches haute altitude

Layering  3 couches : 1e couche Haut Thermique Icebreaker 100% Merino, 2e couche Polaire Powerstretch Mammut, 3e couche Doudoune Ultra Light Down Uniqlo, 4e couche Veste Gore-Tex Eider

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