10 conseils avisés pour bien préparer le GR20, le treks le plus difficile d’Europe. Budget, matériel, physique, mental. Soyez prêt !


1. Porter léger


13 kg max. Sans eau. L’optimisation du poids du sac est primordial pour préparer le GR20. Plus il sera lourd, plus l’effort cardiaque sera important, vous vous essoufflerez vite, ferez des pauses, arriverez plus tard au refuge, la récupération sera plus difficile, bref 2kg de trop transforme un trek en calvaire.

Préparer le GR20 - Sac a dos

 

Seulement alléger le paquetage est un sacrifice. Soit de son confort de sommeil, soit de son budget. Alléger coûte cher. Pour avoir une idée, consultez la page matériel GR20. Et je ne suis pas partisan de sacrifier trop de confort, car la réussite de votre GR20 se jouera sur votre capacité à récupérer.

Ne prenez aucun livre, lampe de poche, ayez la main légère sur les médicaments. Pas plus de 3 exemplaires de sous-vêtements / t-shirts / chaussettes, c’est inutile. Transvasez crèmes et liquides dans des petites fioles de 50ml, type échantillons d’hôtel.

On voit souvent les gens découper les étiquettes de leurs vêtements. Chaque kilo compte, pas chaque gramme, il ne faut pas exagérer…

Prévoir de porter 3l d’eau en été. Si on rencontre fréquemment des sources dans les étapes du Sud, ce n’est pas le cas des étapes du Nord.

On peut choisir de transporter toute sa nourriture (lyophilisés), mais les premières étapes seront très difficiles, car vous devrez porter 15 jours de victuailles. Avantage, le sac s’allègera au fur et à mesure des étapes. Certains refuges sont réputés pour leur cuisine. Ce serait alors dommage de se contenter d’un sachet de nouilles chinoises… Vizzavona compte également quelques bonnes tables.


2. Comptez sur le matériel


C’est bête à dire, mais lorsqu’on se retrouve sous la grêle, en plein mois de juin, et qu’il reste 4h de marche jusqu’au refuge, on se dit qu’on a bien fait de mettre un peu plus dans cette GoreTex plutôt que dans le poncho Décathlon…

Préparer le GR20 Gore-Tex-Active-Shell2

Ce n’est pas élitiste que de vouloir bien s’équiper. Ce n’est pas non plus une question de survie. Mais un trek de plus de 6 jours sur le GR20 ce n’est pas une rando du dimanche ! Les nouvelles matières sont souvent plus fines (donc plus légères), plus respirantes, sèchent plus rapidement et tiennent plus chaud pour moins épais. Gore-Tex Active shell, Powerstretch, Coolmax,… essayez-les, et vous verrez. Et pour apprendre à bien se couvrir, consultez la page Bien s’habiller en trek : la tenue en 3 couches, ou « Layering »

Prévoir une parie de chaussure de Haute montagne, à semelle rigide et obligatoirement Vibram. Préparer le GR20 est à 70% sur de la caillasse, entre crêtes et éboulis. Les chevilles doivent tenir 200kms… Plus d’infos ici : Bien choisir ses chaussures de trek.


3. Prévoir le juste budget


Préparer le GR20, c’est anticiper sur son budget. Alors ça coute combien ? On ne sait rarement avant de l’avoir fait :

  • dormir en tente : 9€ par nuit
  • nuit en refuge : 13€ par nuit
  • repas au refuge : 20€ par repas
  • taboulé du midi (maison) : 6€
  • Cassoulet en boîte : 4,5€
  • petit déjeuner : 8€
  • 1 Pietra / Colomba: 6€ à 7,5€
  • 1 Coppa : de 15 à 18€ (ça tient la semaine facile)
  • 1 Saucisson : 7 à 11€
  • 1 pomme (rare) : 2€
  • 1 pain (rare) : 1,5 à 2 €

Faites le calcul pour 15 nuits en refuge, sans tente, et sans lyophilisé dans son sac…  On arrive vite à 700€. Il n’y a pas de distributeur !!! sur le trajet, et les refuges ne prennent que des chèques ou du liquide. Le site du PNR de Corse offre la possibilité de réserver les refuges avant, mais je ne le conseille pas car il vaut mieux s’éviter des contraintes inutiles : si vous êtes en forme, vous pourrez faire 1,5 étapes en 1 journée, voire deux. Et il existe des bergeries privées tout le long du parcours.


4. Etre gentil avec les autres trekkeurs et les gardiens


L’aspect farouche des gardiens de refuge n’a d’égal que leur fierté pour leur contrée. La nature est sauvage en corse, ses habitants aussi. Ils ont gardé un aspect rustre mais chaleureux qui ajoute au charme de la traversée. Vous ne serez jamais traité comme des touristes, et jamais un gardien ne sera à votre service. Et c’est tant mieux ! Nous sommes là pour traverser un beau pays, en déguster tous les aspects, et pas pour se comporter comme des rois dans un refuge. Les gardiens corses ne sont peut être pas toujours aimables, mais on ne peut pas leur reprocher de ne pas faire leur boulot, à savoir assurer le service, et c’est là l’essentiel.

En revanche, n’espérez pas connaître la météo du lendemain, la qualité des toilettes du prochain refuge, ou la difficulté de telle ou telle étape, non. Pour le gardien corse, « le temps tu l’as devant toi » et les enfants corses font les étapes du GR à leurs 6 ans. Les autres trekkeurs seront donc souvent votre seule source d’informations viable.

Hospitalité

Glaner ces informations aux trekkeurs fourbus, autour d’une petite bière, pourra être salutaire. C’est l’occasion de sociabiliser de rencontrer des profils de tout âge, et de tout horizon, du groupe de parisiens novices qui croient mourir à chaque étape, aux ultra-trailers qui bouclent les 180 km du GR20 en moins de 5 jours.


4. Partir tôt


Et pour certaines étapes techniquesou un peu longues, partir TRES tôt. Dans la montagne corse, le temps change très vite, et un ciel bleu azur à 9h ne présage pas nécessairement d’une belle journée. Vers 12h, le ciel se charge d’humidité et vers 15h les orages éclatent, parfois plus tôt. Les étapes occupant entre 6 et 8h, je ne peux donc que vous conseiller de partir tôt, si possible avant 7h.

Lorsqu’on trek seul, il y a aussi le danger de se fouler une cheville et d’être le dernier sur le sentier. En partant tôt, vous partez avant les autres, et il y a donc peu de risque que personne ne croise votre route. Préparer le GR20 en préparant un peu vos nuits…


5. Bien dormir


Encore un conseil qui semble anodin. Mais préparer le GR20, ce n’est pas tant de réussir à dormir que de rassembler le plus d’éléments pour être capable de bien dormir. Citons :

  • Un bon duvet. -5/-10°C, en vrai duvet. Pas en mousse. Confort absolu. Il faut avoir chaud, sinon mauvaise nuit
  • Un petit oreiller. Pas indispensable, mais aide au confort
  • Se coucher tôt. Si possible avant 21h. On récupère mieux
  • Prendre des boules quies, pour éliminer les bruits nuisibles, ronfleurs notamment.
  • Compter sur un matelas autogonflant > 3cm, pas plus lourd qu’un Karrémat, mais tellement plus confortable (cf. Bivouac, bien choisir son matériel)

 

Préparer le GR20 - Refuge


6.  Respecter la nature


Ce qui peut étonner sur le GR, c’est l’absence quasi totale du moindre papier ou détritus. D’accord nous sommes dans un parc naturel, et c’est interdit, mais cette règle n’est pas universellement respectée. L’amoncellement pousse à l’amoncellement, mais le respect pousse au respect. Continuons cette démarche. Il est conseillé de prendre quelques petits sacs poubelle pour ranger ses détritus sur le chemin, et les ramener avec soi jusqu’en ville.

PNR


 7. Prévoir pire


Il peut arriver qu’il fasse mauvais, mais il peut également arriver qu’il fasse pire. En corse pire veut dire blizzard au mois de juin, canicule, averse de grêle, brouillard,… La majorité de la traversée du GR20 se fait entre 1500 et 2000m. Si le milieu de saison présente généralement l’avantage de présenter régulièrement un temps clément, ce n’est pas le cas des débuts de saison, ou il est fréquent que les passages les plus élevés soient enneigés (juin), et qu’en fin de saison de violent orages surgissent (fin août). Préparer le GR 20 avec un peu d’anxiété se comprend donc.

Punte Alle Porta

Punte Alle Porta, au mois de juin…

Prévoir pire pour préparer le GR20 est donc une question de survie. Ce n’est plus une question de confort de prendre une doudoune dans le fond du sac, lorsque certaines étapes d’altitude (>2000m) affiche -10°C mi-juin. Et c’est dommage de devoir faire un détour de 2 jours par un village parce que l’équipement n’était pas adapté. Encore une fois, bien se renseigner avant le départ pour préparer le GR20 est essentiel, même si les infos que l’on récupère sont malheureusement toujours distillées…


8. Ne pas se surestimer


Il ne faut pas se le cacher, le GR20 est un trek difficile. Pour preuve, il entretient une aura toujours aussi puissante envers les trekkeurs du monde entier. C’est un parcours mythique, des dizaines de blogs fleurissent afin de fournir le plus d’informations aux prétendants, chacun avec leur vision personnelle, mais toujours avec cette empreinte libératrice hurlant : « Je l’ai fait, et j’ai plein de conseils à vous donner ! » Ne nous leurrons pas, il n’y a pas de solution magique. Le GR20 se vit.

Tout est fait pour en chier pendant 15 jours : des étapes avec toujours plein de montées escarpées et de descentes caillouteuses, des conditions climatiques imprévisibles, des marques pas toujours présentes, des cairns trompeurs (si si), des passages pas trop techniques mais vraiment dangereux, des refuges trop petits pour accueillir tout le monde, des torrents à franchir, de l’eau chaude trop rare, des gardiens patibulaires mais presque… Bref, il faut préparer le GR20 en se disant qu’on ne va pas se faire une promenade de santé, et bien appréhender la rudesse de la nature. Car pour redescendre aux villages, c’est souvent encore 6h de marche. Attention donc.


9. Se préparer physiquement


Pas de préparation de malade mental, mais préparer le GR 20 avec quelques marches de 4h+ avant de partir, ne serait-ce que pour faire les chaussures, est un minimum. Les ascensions chargées provoquent un effort cardiaque élevé. Quelques exercices de cardio (course, natation,…) sont donc recommandés pour ne pas trop souffrir dans les longues étapes du GR.

Chaussures


10. Prendre un appareil photo décent


Les corses sont attachés à leur île, et franchement, faites le GR20 et vous saurez pourquoi. Les paysages que l’on traverse sont proprement époustouflants. De la mer que l’on perçoit de crêtes rocheuses, les paysages de pozzines où broutent les chevaux en liberté, les enfers minéraux des Bocca Minuta et Tumaginesca, les vallées du Coscione, les sommets enneigés du Monte Renoso et du Monte d’Oro, la forêt de l’Ospédale, le coucher de soleil sur les aiguilles de Bavella, autant de paysages enchanteurs, de coup de fouets pour guider nos pas vers une nouvelle étape enchanteresse.

Prenez un bel appareil photo, reflex si vous en avez un, car ces photos, vous êtes allé les chercher. Sur le moment elles seront certainement associées à un souvenir douloureux, mais après coup, on ne souvient que des bons moments. Et ces bons moments seront là, sauvegardés, autant de souvenir pour vous, et de motivations pour les prochains.

chat

Lien vers les articles :

0 361